Pourquoi l’Economie du Partage
est-elle en plein boom ?

Initiative Inspirante

Texte : Emilie Moulies

L’économie du partage,
un mode de consommation en plein boom

Depuis la crise financière des années 2000, notre façon de consommer a beaucoup évolué. Ainsi la société de surconsommation a peu à peu laissé place à une économie du partage. Pourquoi dépenser notre argent pour acheter et posséder des choses que l’on peut simplement emprunter et partager ?

Consommer uniquement lorsque cela est vraiment nécessaire permet à la fois de préserver la nature et de faire des économies. En nous concentrant sur l’essentiel, nous apportons notre contribution. Nous devenons des consommateurs responsables.
Découvrons plus en détails en quoi consiste l’économie collaborative et pourquoi elle est en plein boom.

Définition de l'économie du partage

L’économie collaborative, un phénomène de société

L’économie du partage c’est l’échange entre particuliers de biens, de services ou de connaissances. Ce partage peut être basé sur un échange monétaire ou sur le troc et le don. La mise en relation entre consommateurs se fait par l’intermédiaire de plateformes d’échanges en ligne entre particuliers ou de plateformes d’offres commerciales. Dans le cas des plateformes commerciales, les consommateurs se regroupent pour bénéficier d’avantages. La mutualisation des ressources touche tous les domaines :

  • Le logement avec la colocation, l’habitat groupé (buanderies ou cabanes à outils communes dans les immeubles ou par quartier) ou la location entre particuliers comme Airbnb.
  • Le transport avec le covoiturage, les vélos partagés ou la livraison collaborative.
  • L’alimentation avec les AMAP ou les groupements de consommateurs.
  • L’habillement avec les sites de revente de vêtements comme Vinted.
  • La culture avec le soutien scolaire ou encore les boîtes à livres.
  • Les échanges de services comme le bricolage ou le gardiennage de maisons et d’animaux.
  • Les finances avec le micro-crédit et le financement participatif ou crowdfunding comme Ulule et Leetchi.



Les avantages d’une économie
plus humaine et responsable

Plusieurs facteurs ont joué un rôle dans le développement de l’économie circulaire :

  • L’augmentation du chômage après la crise économique de 2007, et donc la nécessité pour la population de réduire son budget.
  • L’évolution des préoccupations sur l’environnement, avec l’envie de limiter le gaspillage et l’impact de la consommation sur la planète.
  • Le rapport à la propriété, avec l’envie grandissante de contribuer à la communauté en tant que citoyen plutôt que d’accumuler les richesses matérielles.
  • Le développement du numérique, avec la possibilité de mettre facilement en relation les personnes et les besoins.

Le principal atout est évidemment financier : en évitant d’acheter, on gagne de l’argent et le coût de la vie est plus abordable. Les prix sont plus justes, les produits et les services sont moins chers. Il y a aussi d’autres bénéfices non négligeables à ce mode de consommation qui permet de :

  • Gagner un revenu additionnel en vendant des produits faits maison ou en créant sa petite entreprise.
  • Gommer les différences sociales en rendant les ressources accessibles au plus grand nombre, pour plus d’égalité.
  • Réduire les déchets et la production de nouveaux objets.
  • Consommer de manière responsable en mettant en commun les ressources.
  • Se libérer de la dépendance aux banques grâce au financement participatif.
  • Développer la solidarité et le lien social.
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Geev est la première application de dons entre particuliers. Donnez et récupérez gratuitement
des objets inutilisés ou de la nourriture autour de vous ! Geev est une solution utile, gratuite et vertueuse :
donner une seconde vie aux objets est une solution éco-responsable et anti-gaspillage, favorisant l'économie circulaire. © Geev


Exemples de plateformes d’économie de partage

La France, championne d’Europe
de l’économie solidaire

Près de deux tiers des Français sont prêts à partager des objets ou des ressources plutôt que de les acheter. En dehors des grandes plateformes connues du grand public, il existe d’autres exemples d’initiatives tout aussi intéressantes :

  • Lescolohumanistes.fr est un site de partage d’objets entre voisins, basé sur le constat simple qu’il y a en moyenne 34 objets utilisés moins de 3 fois par an dans chaque foyer.
  • Vénétis est une association de 360 PME qui remplace les emplois à temps partiel précaires par des emplois à temps partagés mieux rémunérés. Les employés embauchés en CDI sont répartis sur les différents projets.
  • BeeWe s’adresse aux acteurs de la production d’énergie. En mutualisant leurs stocks de pièces détachées, ils évitent de refabriquer du neuf.
  • Le projet Les Deux Rives à Paris permet la coopération de 30 organisations publiques et privées sur la mise en commun d’équipements, d’espaces et de services, ainsi que sur le recyclage des déchets.
  • WIC, le Web des Initiatives Collaboratives des Hauts de Seine, est une plateforme qui référence tous types d’initiatives d’aide aux besoins de la vie courante (alimentation, logement, entraide, loisirs, etc.).
  • Prêter son jardin met en relation des propriétaires qui n’ont pas le temps de jardiner avec des jardiniers en herbe. Ce site offre également la possibilité d’accueillir une tiny house ou des ruches, d’aider de jeunes cultivateurs à lancer leur activité ou encore de troquer des fruits ou des légumes contre des plats cuisinés.
  • La Ruche qui dit Oui permet d’acheter des produits locaux en direct à des producteurs qui fixent eux-mêmes leurs prix.
  • Onsaitfaire.fr est une plateforme d’échange de compétences et de connaissances qui utilise le temps comme monnaie. Suivant la durée de service que vous proposez, vous gagnez un service de durée équivalente, comme par exemple une heure de yoga contre une heure d’anglais.
 
 
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© Prêter son Jardin


En Europe et dans le monde,
d’autres initiatives de coopération sociale

Les Pays-Bas ne sont pas très loin derrière la France en ce qui concerne les actions de coopération économique. En voici quelques unes :

  • Floow2 est une plateforme numérique qui permet aux hôpitaux de partager leurs équipements et leurs services.
  • Fairbnb est l’alternative au géant Airbnb. Cette plateforme de location d’hébergements ne propose que des logements où vit vraiment quelqu’un, la moitié de la commission étant consacrée à des projets sociaux dans le quartier.
  • Geev est une application qui favorise les dons de proximité. Le volet alimentaire lancé en 2019 a contribué à sauver plus de 54 tonnes de nourriture.
  • Smiile est un site qui lutte contre l’isolement social en offrant des services et des rencontres au sein de votre quartier.

La Suisse n’est pas en reste en matière d’économie solidaire :

  • Materiuum lutte contre le gaspillage et favorise la réutilisation en proposant des matériaux de seconde main à prix réduits aux entreprises et artisans.
  • B2B Cherry est une plateforme de mise en relation et de mutualisation des ressources. Les entreprises peuvent à la fois se faire connaître et développer leur clientèle ou encore des partenariats.
  • Carvelo2Go propose la location de vélos-cargos électriques qui permettent de transporter 100 kg – courses, matériel ou enfants – sur environ 60 km sans produire de CO2.
  • Flowminder regroupe et transforme les données de géolocalisation des portables en cartes de déplacement de population pour l’aide humanitaire.

Ailleurs dans le monde, la plateforme EM3 Agri Services permet aux petits agriculteurs d’accéder à des équipements agricoles. Du côté des États-Unis, le programme de chargement automatisé Convoy optimise le taux de remplissage d’un camion ce qui réduit de 45 % les émissions liées aux kilomètres à vide.

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carvelo 2go eCargo-Bike Sharing ©carvelo 2go

Inconvénients et limites
de l’économie circulaire

Les défauts d’un modèle économique basé
sur la confiance et la bonne volonté

Ce mode de consommation n’a pas que des avantages. Il comporte aussi des risques de dérives comme par exemple :

  • Le manque de sécurité pour les utilisateurs et la commercialisation de la vie privée
  • L’absence de garanties pour les consommateurs.
  • La concurrence déloyale car les acteurs ne sont pas soumis aux mêmes obligations qu’une entreprise.
  • La monopolisation des plateformes monétaires. On s’éloigne de l’économie solidaire au profit d’une économie de marché.
  • La surconsommation, dépenser plus avec l’argent économisé et augmenter par exemple son empreinte carbone en voyageant plus souvent.
  • L’utilisation de services groupés à prix réduit au lieu de l’achat individuel à long terme : est-ce plus responsable d’utiliser un vélo en libre service ou d’en acheter un qu’on va garder ?
  • L’augmentation du prix de l’immobilier. C’est ce qui est reproché en particulier à Airbnb. Le développement de la plateforme a pour conséquence le manque d’hébergements abordables pour les habitants de certaines villes.
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© La ruche qui dit oui Suisse



Les limites au développement
de l’économie solidaire

La Covid a mis un coup de frein à ce mode de vie solidaire. Cette économie est basée sur la confiance. La crainte de l’autre, l’insécurité sanitaire, le besoin de maîtriser son espace personnel sont autant de facteurs qui limitent les interactions et donc le partage. L’arrêt temporaire de l’industrie touristique a également eu un impact sur les projets collaboratifs dans ce secteur. Pas question d’aller loin ni de dormir sur le canapé d’un inconnu. 
L’économie du partage nécessite d’aller vers l’autre, de partir un peu à l’aventure, ce qui n’est plus envisageable pour l’instant. Il faut aussi se poser la question des effets de cette économie et à qui elle profite. 

Consommer responsable demande d’abord d’avoir une réflexion responsable : ce service soutient-il les entrepreneurs locaux ou une grosse entreprise ? Utiliser cet objet mis à disposition ou bien l’acheter individuellement et l’entretenir, quel est le geste le plus durable sur le long terme ?

 

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© Prêter son jardin

 

En 2021, c’est l’économie du partage inter-entreprises qui va se développer. Pour réduire les coûts et le gaspillage, les entreprises vont devoir partager leurs ressources physiques et immatérielles. La crise économique qui se profile, va également engendrer une augmentation du coût de la vie et une baisse de pouvoir d’achat. La nécessité de faire des économies et de trouver des revenus complémentaires va de nouveau se faire sentir. La nature ayant été notre seule échappatoire pendant ces derniers mois, nous avons encore plus à cœur de la préserver.
La crise sanitaire nous a permis de nous recentrer sur l’essentiel : la solidarité et la communauté. L’économie de partage a encore de beaux jours devant elle !

 

 

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