Savez-vous que la forêt guérit !
Qu’est-ce que la sylvothérapie ?

Culture G : un truc intéressant à connaître

©Arnaud Mesureur

Texte : Delphine Rusquart

Le Shinrin-Yoku, littéralement : l’art et la science du bain de forêt, est une pratique populaire très appréciée au Japon. Elle a tranquillement cheminé jusqu’à nous et a fait son apparition dans notre culture occidentale. A la faveur de nombreux livres et de témoignages louant cette thérapie naturelle, nombreux sont ceux qui ont envie de tenter l’expérience, entre rencontre avec les arbres et connexion avec son “moi” intérieur.

Découvrez quels sont les bienfaits de cette marche en forêt et comment se déroule une séance accompagnée par une praticienne expérimentée.

Marcher en forêt : une balade sur ordonnance !

Comme souvent dans le domaine des médecines naturelles ou alternatives, l’Asie a de l’avance. En effet, pour les japonais, enlacer tendrement un arbre n’est pas une nouveauté ! Leur culture et leur philosophie de vie ont intégré l’importance de se reconnecter à la nature et en particulier aux énergies des arbres. Les bienfaits physiologiques, psychologiques et spirituels de cette pratique s’avèrent très efficaces. La preuve ? Les séances sont remboursées par la sécurité sociale japonaise !

Et pour ceux qui auraient besoin de l’approbation des scientifiques, sachez que ceux-ci se sont penchés sur le phénomène. D’après de sérieuses études et observations, les résultats apparaissent en majorité comme étant très positifs.* Le seul bémol évoqué par ces études est lié à la présence de chenilles processionnaires notamment sur les troncs des pins, et des allergies et démangeaisons urticantes qui pourraient en découler. Il convient simplement d’observer avant de se jeter dans les bras du premier arbre venu !

Côté labo, nous savons que les arbres dégagent des terpènes (composants de résine) et des phytoncides (composés organiques antimicrobiens), bienfaiteurs pour notre santé et notre immunité en particulier.
Côté forêt, la marche, dont les effets bénéfiques ne sont plus à prouver (à partir de 40 minutes, les endorphines commencent à se libérer) reste l’intérêt principal de ce bain de forêt.
Cumulée à une détente intérieure profonde, à une respiration en conscience, au simple fait de ralentir, d’observer en détail et d’inspirer profondément, la pratique de la sylvothérapie apporte de nombreux bienfaits tels que : la baisse du stress, une amélioration de la concentration, un sommeil apaisé, une diminution des troubles dépressifs et l’augmentation des défenses immunitaires.


Et ce n’est pas tout ! Nos cinq sens, plus éveillés que jamais, sont les grands gagnants de cette immersion naturelle :

  • L’odorat comblé par le parfum de la terre, de la bruyère, des champignons, des plantes aromatiques et même de la sève pour les nez plus aiguisés !
  • La vue d’un environnement naturel et accueillant, le plaisir visuel de la verte canopée
  • L’ouïe enfin libérée de la pollution sonore, bercée par les chants des oiseaux, la brise dans les branches ou simplement soulagée par ce silence régénérateur
  • Le toucher de l’écorce de l’arbre que l’on aborde comme un ami, le contact de l’herbe ou de la terre sous nos pieds
  • Le goût de l’air minéral que l’on inspire profondément
 

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Suivons Sylvie,
une guide au prénom prédestiné !

Au-delà de la formule familière “faire des câlins aux arbres”, expression reprise par des médias sceptiques et un brin moqueurs, il s’agit bien de reprendre contact avec son “moi” profond et de s’immerger dans un silence vert tellement nécessaire et salvateur.

Sylvie l’a compris depuis longtemps. Sa révélation fut comme un coup de foudre pour un livre vantant les mérites des bains de forêt**. A la suite de sa formation, elle a eu l’envie et la bienveillante ambition de le transmettre au plus grand nombre.

Oui mais pas tous à la fois ! Par petits groupes de 10 personnes maximum, Sylvie (dont l’étymologie du prénom signifie “la forêt”, ça ne s’invente pas !) est là pour guider, orienter, répondre aux questions et proposer quelques exercices aux débutants. Ceux-ci semblent timides, sur la pointe des pieds, comme impressionnés par cette première rencontre sylvestre.

La séance démarre par un rassemblement sous forme de cercle. Sylvie, telle une druidesse celte, propose quelques étirements tout en douceur. Chez certains, le lâcher prise a déjà commencé. Puis, elle conseille de méditer quelques minutes en exprimant mentalement l’intention et l’attente de cette expérience. Si le sol le permet, ôter ses chaussures est recommandé ! Le contact de la plante des pieds sur la terre permet une connexion optimale avec les énergies telluriques et puis c’est tellement bon de marcher pieds nus !

Au fil de la balade, Sylvie va notamment expliquer aux participants que l’on doit choisir un arbre, “comme si l’on choisissait un ami” et en écoutant son intuition. Il y en a forcément un qui “nous fait de l’œil » !
Mais ce n’est pas tout… Comme dans toute histoire d’amitié, le respect mutuel est important et il faut demander à l’arbre son consentement. Chaque approche est différente; certains vont enlacer le tronc franchement, d’autres vont poser leurs mains et rester à distance.

Bien sûr, on peut prendre de la distance par rapport au groupe. “C’est un moment privé, que l’on garde pour soi”, murmure la guide.

Les participants se regroupent après 3 heures environ, lorsque la clochette retentit, annonçant en douceur la fin de la séance. Les témoignages personnels et autres “débriefings” en disent long sur la réussite de l’expérience. Les participants sont tous enthousiastes et unanimes.
“Je me suis sentie chez moi”, confie Amélie. Étonnés, troublés, les plus pragmatiq.ues décrivent leurs sensations : chaleur dans les mains, profonde détente intérieure. Pour d’autres, 2 ou 3 sorties seront nécessaires pour ressentir au plus profond la vibration de l’arbre.

 

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©telegraph.uk

Retour chez nos amis nippons où une cérémonie du thé marque la fin de la séance. Chaque participant glisse la feuille qu’il a ramassée pendant la balade dans sa tasse, comme un symbole. Celui d’une infime partie de nature qui va s’infuser dans notre âme.
Et pour clore en beauté ce temps sacré, une seconde tasse de thé est servie à l’attention de l’esprit des arbres. Comme pour leur témoigner de notre infinie gratitude.

Alors, prêts à lâcher le mental pour vivre une immersion sensorielle unique ?

 


* Sylvothérapie : 4 bonnes raisons d’essayer un « bain de forêt » (futura-sciences.com)

** Pour aller plus loin : “Ces arbres qui nous veulent du bien” un livre de Laurence Monce.

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