Vivre Sans Supermarché :
Oui, c’est possible !

Initiative Inspirante :
Le témoignage de Léa

© La ferme biologique du Bec Hellouin avec sa fondactrice Perrine Hervé-Gruyer
Texte : Léa Steydli

J’ai tenté le défi de vivre sans supermarché

La dernière fois que je suis allée dans une grande surface, c’était pour renouveler le miel que j’utilise pour sucrer ma tisane du soir. Arrivée dans le rayon, je choisis un pot parmi la trentaine disponible. Le packaging est sympa et les couleurs me font penser qu’il vient de France. En bref, c’est l’élu de mon cœur. Une fois rentrée à la maison, je comprends que ce miel est en réalité un mélange recomposé venant à la fois d’Ukraine, du Sri Lanka et du Brésil. Consciente de m’être fait avoir par un bel emballage, je me suis sentie en colère.

Comme beaucoup, les différents scandales sanitaires et la crise du COVID m’ont fatiguée et poussée à remettre en question mon mode de consommation.

Voilà pourquoi j’ai voulu relever le défi de vivre sans supermarché.
Impossible me direz-vous ? Je l’ai pourtant fait et espère vous donner l’envie de tenter cette aventure.

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Vrac et Local - Epicerie "Cap sur le Vrac", Marly -Suisse ©Cap sur le Vrac

Pour quelles raisons relever ce défi ?

Pour les agriculteurs

Peu de jours s’écoulent sans que la presse fasse état du mal-être de nos agriculteurs. Une des raisons majeures de cette souffrance est le fait qu’il est devenu difficile de vivre du métier d’exploitant agricole.
En effet, la concurrence est rude et les quelques grands distributeurs jouent de cette réalité dans le but de s’assurer un maximum de profit. Pour être choisi et écouler sa marchandise, le producteur se retrouve alors dans l’obligation de baisser ses prix, quitte à vendre à perte.
Bien évidemment, la grande distribution défend ses pratiques en rappelant avec hypocrisie qu’elle se soucie avant tout de notre pouvoir d’achat.

Cette injustice vous révolte ? Il vous appartient heureusement de refuser ce système en soutenant les circuits courts. Choisir de vous approvisionner chez votre producteur de proximité, c’est permettre à ce dernier d’avoir l’entière liberté de fixer ses prix et ainsi d’avoir l’assurance de pouvoir vivre de son travail.

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Légumes de la merveilleuse ferme biologique du Bec Hellouin


Pour la planète

Les supermarchés sont le reflet d’un fantasme de croissance infinie qui n’est plus tenable aujourd’hui. Notre planète a des ressources limitées, mais nos grandes surfaces continuent pourtant de jeter une quantité impressionnante de denrées alimentaires.
S’ajoutent à cela les problématiques du suremballage et de l’approvisionnement parfois jusqu’à l’autre bout du monde.

En évitant les grandes surfaces et en achetant des produits locaux, vous réduisez de beaucoup les coûts environnementaux liés à la production et au transport de votre nourriture.
Les aliments sont aussi moins emballés et n’ont plus besoin de faire trois fois le tour d’un même continent pour trouver votre assiette. 
En privilégiant les circuits courts, vous avez aussi plus de chance de pouvoir manger de saison.

 

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"Chez Mamie" : 18 mois après avoir ouvert une épicerie zéro déchet à Sion, Eslyne Charrier et Olivier Richard
dirigent une franchise de neuf boutiques d’aliments bio en vrac. © Sedrik Nemeth


Pour vous

Faire ses courses au supermarché est pratique, mais ce n’est pas pour moi l’activité la plus épanouissante. En effet, je trouve les grandes surfaces généralement stressantes et oppressantes. 

J’avoue avoir aussi beaucoup de mal à décrypter les étiquettes de ce que j’achète. Comment, par exemple, éviter de me faire avoir pour finir avec un miel qui n’en est pas vraiment un ?
Si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes, alors vous serez surpris de voir à quel point vivre sans supermarché peut être gratifiant.
L’ambiance est déjà plus détendue lorsque vous choisissez les petites épiceries ou petits producteurs.

En plus de cela, le contact de proximité vous permet de connaître la personne qui produit vos aliments tout en vous informant sur ses pratiques agricoles. Même si ce n’est pas toujours le cas, beaucoup de produits vendus en direct sont moins chers que dans la grande distribution.
Les intermédiaires sont en effet moins nombreux, voire supprimés. Les emballages sont ainsi réduits, de même que la publicité utilisée habituellement par les marques pour se faire connaître.
Pour finir, certains producteurs proposent parfois de vendre en gros, ce qui réduit encore l’addition.

 

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©jordan

Vivre sans supermarché : quelles alternatives ?

Les marchés

Aller au marché est une très bonne alternative aux grandes surfaces. Les produits qui y sont vendus sont généralement plus frais et ont par conséquent plus de goût. 
De plus, vous avez l’occasion de voir du monde, d’échanger avec les producteurs du coin et de participer à la vie de votre ville. 

Le seul point noir que je trouve aux marchés vient du fait que la différence entre producteur et simple revendeur n’est pas toujours visible. En effet, certains commerçants présents ne font qu’acheter des aliments en gros pour vous les revendre au détail. Ces derniers viennent parfois de très loin, ont été cueillis avant maturité et ne sont pas plus intéressants sur le plan éthique que ceux provenant des supermarchés.

 

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© La ruche qui dit oui


La ruche qui dit oui

La ruche qui dit oui est une start-up dont l’ambition est de relier les consommateurs aux producteurs locaux. Il en existe même en Suisse.

Grâce à leur plateforme internet, tout consommateur, toute association ou entreprise peut choisir de monter une ruche. Une ruche est une sorte de petit marché vous permettant de chercher les provisions réservées sur le site de La ruche qui dit oui. Ce sont généralement les agriculteurs qui vous distribuent les produits qu’ils produisent.
Avec la ruche qui dit oui, pas question de voir des aliments produits et importés de très loin comme dans certains marchés classiques ! En effet, les producteurs sélectionnés travaillent généralement à moins de 250 kilomètres de la ruche.

J’ai participé durant quelques mois à une ruche et je dois dire avoir beaucoup aimé cette expérience. Grâce à ma ruche, j’ai pu avoir accès à un très grand nombre de produits et cela sans avoir à me déplacer d’un producteur à l’autre, puisqu’ils étaient tous réunis au même endroit.

Son aspect social m’a aussi permis de nouer des relations facilement, les mêmes visages revenant très souvent. Le seul point négatif que j’ai pu trouver à ce système est le fait que certains endroits, notamment isolés, ne possèdent pas de ruches actives.

 

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© La ruche qui dit Oui


La Fourche

Vivre sans supermarché lorsqu’on habite en ville est plutôt facile, mais la tâche se corse si vous habitez en campagne. 

La Fourche est une boutique en ligne française proposant du bio à prix réduit en échange d’une cotisation annuelle de 69 euros. À la recherche d’une autre manière de consommer, j’ai adhéré à cette épicerie en ligne il y a quelques mois.

Verdict ?
Les produits sont en moyenne 15 à 30 % moins chers que dans les magasins bio classiques, le choix est très grand et le service client est aux petits soins. Ils dessinent même des cœurs sur les cartons qu’ils vous livrent, c’est pour dire !

Les autres gros avantages d’y commander sont le gain de temps et la possibilité de privilégier le vrac et les produits bio d’origine française. Il est vrai que la livraison a abîmé ma commande à deux reprises, mais j’ai très vite été dédommagée par un bon d’achat et le remboursement complet des marchandises touchées.

Kazidomi, Aurore Market ou encore Greenweez fonctionnent à peu de choses près de la même manière, mais la Fourche m’aura convaincue par la réactivité de son service après-vente.

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©jasmin-sessler


Les AMAP

Une AMAP est une « association pour le maintien d’une agriculture paysanne ».
Son but est de mettre en relation les producteurs avec les consommateurs désireux de soutenir une agriculture respectueuse des hommes et de la terre.
Ces derniers les soutiennent généralement par le biais d’un abonnement ou en achetant par avance une certaine quantité de produits locaux. Grâce à ce système, les agriculteurs peuvent pérenniser leur activité en s’appuyant sur des rentrées d’argent plus régulières.

Ce type d’association vous permet d’avoir accès à des aliments frais dont vous connaissez la provenance et le mode de production. Intéressant, non ?
Les prix sont aussi plus bas qu’en grande surface étant donné qu’il n’y a pas d’intermédiaires.

L’aspect social de cette alternative au supermarché vous permet aussi de tisser de nouveaux liens. Il n’y avait malheureusement pas d’AMAP autour de chez moi, je n’ai donc pas pu en tester le fonctionnement. J’ai cependant trouvé un petit producteur vendant des paniers de légumes sans que celui-ci fasse partie d’une AMAP. Je profitais ainsi chaque semaine de produits cueillis dans la journée à tout petit prix.

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Panier de légumes de La ferme biologique du Bec Hellouin

Comment débuter ?

Tenter le défi du mois sans supermarché

Se lancer un défi et s’y tenir en étant accompagné est beaucoup plus facile qu’en restant seul. Le média suisse En Vert Et Contre Tout l’a bien compris en proposant depuis 4 ans son défi « Février sans supermarché ».
L’objectif ? Encourager les consommateurs à se détourner des grandes surfaces pour soutenir les épiceries et petits producteurs.

Le défi a rapidement plu et fait émules à plusieurs endroits comme en France, en Belgique, à Québec et même en Tunisie. De nombreux groupes Facebook locaux ont ainsi été créés pour favoriser les rencontres et l’échange de bons plans.

Si vous souhaitez vous aussi changer votre manière de consommer, pourquoi ne pas tenter ce défi ?
Il est prouvé qu’une nouvelle habitude met du temps à s’installer durablement dans notre quotidien. Suivre ce défi durant un mois pourrait être une belle occasion d’intégrer plus facilement ce nouveau mode vie à votre quotidien. Le mieux étant bien sûr de continuer si possible tout le reste de l’année.

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Super défi "Février sans supermarché" lancé par En Vert et Contre Tous © Sobrietémonamour


S’organiser pour rester motivé

La principale qualité du supermarché est de vous proposer tous les produits dont vous pensez avoir besoin au même endroit. Les légumes, la viande, les conserves et même vos produits ménagers sont entreposés à quelques mètres de distance seulement. 
Vous l’aurez compris, l’épicier du coin n’est clairement pas en mesure de rivaliser avec cette surabondance

Vivre sans supermarché, c’est donc accepter de visiter plusieurs commerçants pour faire ses courses. Pour rester motivé, rien de tel qu’une bonne organisation ! 

Des annuaires en ligne recensant les producteurs proches de vous existent, aussi je vous conseille de vous en servir pour dénicher vos perles rares.
Une fois ceci fait, établissez-vous une routine pour vous guider. De mon côté, je cherche, par exemple, mon panier de légumes le mardi et les produits laitiers le mercredi. Je vais aussi toutes les deux semaines acheter quelques poules chez un fermier. Pour le reste, je me fournis dans une petite épicerie du coin qui pratique la vente en vrac.

Pour ne rien oublier et acheter uniquement l’essentiel, j’utilise une bonne vieille liste de courses et prévois des menus pour la semaine. De cette manière, je sais exactement quoi acheter et en quelle quantité.

 

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©Fédération Romande des Consommateurs


Lâcher prise s’il y a des ratés

J’avoue avoir été quelques fois découragée par la charge mentale que cette organisation m’impose au quotidien. Dans ces moments-là, je préfère déculpabiliser en me répétant que je fais de mon mieux et qu’aller à contre-courant demande une énergie plus grande que si je laissais mes convictions de côté.

S’il vous arrive comme moi de vous sentir découragé ou si vous avez peur de l’être un jour, alors je vous conseille de faire le saumon. Eh oui, le saumon nage à contre-courant, mais il sait aussi s’arrêter momentanément pour se reposer et reprendre des forces. En quelques mots, ne soyez pas trop dur avec vous-même et lâchez prise même s’il y a des ratés.

J’espère que cet article vous aura donné envie d’essayer de consommer autrement. Il est vrai que privilégier les alternatives aux supermarchés demande de l’énergie, du temps et de la motivation. Mais rien n’est plus grand que la satisfaction d’en faire un peu plus pour la planète, pour ma santé et pour ceux qui produisent ma nourriture.

Alors, on essaye ? 🙂

1.27 minutes pour comprendre : 
Pourquoi relever le défi de Vivre sans Supermarché !  

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