Concilier Voyage et Écologie : Mes Astuces pour y arriver

Témoignage
Voyager autrement

© Anne-Gaëlle Fayemi
Texte : Anne-Gaëlle Fayemi

Faire rimer voyage et écologie :
retour sur une aventure au grand air

Les écovoyageurs me fascinent. Ils réussissent le pari fou de parcourir le monde tout en le respectant. À l’heure où le mot « climat » est sur toutes les langues et s’est fait une place dans notre quotidien, voyager autrement s’impose. Préparer un voyage nous fait souvent remettre en question le statu quo, puis passer par la case « tourisme vert ». Prendre le temps de se déplacer sereinement, gagner en authenticité, limiter son empreinte carbone…
Le voyage de nos rêves a changé de visage au fil du temps. N’y allons donc pas par quatre chemins : le tourisme durable existe ! C’est un fait. Certaines agences de voyages misent sur une approche durable du tourisme en proposant des excursions écologiques en Europe, voire dans le monde.
Dans mon cas, l’équation voyage et écologie s’est résolue par un périple à vélo, le long du canal de Nantes à Brest.
Alors, comment s’y prendre pour voyager écologiquement ? Quels ont été les points forts de ma découverte du cyclotourisme ? Suivez-moi, je vous embarque dans une folle aventure !

Voyage et écologie, les bases

Longtemps, je me suis demandé si le voyage responsable existait vraiment ; s’il était envisageable de sillonner le monde tout en gardant son empreinte carbone sous contrôle.
À première vue, franchement, voyage et écologie ne vont pas de soi. Les billets d’avion, la valise qui déborde, les plages bondées… « Ah, mais ça, c’était avant ! », me direz-vous.
Entre-temps, effectivement, le slow tourisme a fait son entrée sur la scène de nos voyages.
Je vous fais part de quelques astuces pour une excursion écolo :

  • Idéalement, on voyage sur son propre continent, ce qui permet d’alléger le bilan carbone de son périple. Pas de panique, à l’échelle continentale, le terrain de jeu reste vaste !
  • On voyage moins souvent, mais plus longtemps. Exit le week-end à Ibiza, on fait des plans pour quinze jours ou trois semaines. Surtout si la destination est lointaine !
  • On limite les trajets une fois sur place. On en profite pour prendre le temps de savourer les environs sans courir d’un bout à l’autre d’une ville, d’une île ou d’un pays.
  • On mise sur des modes de transports alternatifs (train, vélo, voilier, etc.) Je ne sais pas vous, mais moi j’ai ce fantasme du Transsibérien et du Glacier Express…

Pour ce qui est du matériel :

  • On prépare une valise zéro déchet. Chiche ! Chargeur solaire, gourde et couverts en inox, shampoing solide et savon de Marseille, cup et culottes menstruelles : on opte pour un sac à dos écolo !
  • On y va mollo sur les emballages alimentaires et surtout on mange local. Parce que ce serait trop dommage de partir en vadrouille pour se retrouver attablés à l’intérieur d’une chaîne de fast food.

Il arrive qu’on ne parvienne pas à se passer de l’avion. Dans ce cas, on compense son empreinte carbone sans se flageller. Comment ? En calculant une estimation de ladite empreinte et en adaptant son quotidien à la fois sur place puis, au retour, une fois chez soi. Se passer de viande pendant un an reviendrait, par exemple, à économiser 1,4 tonne de CO2 (alors qu’un Paris-New York représente 2,47 tonnes de CO2)*.

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©Anne-Gaëlle Fayemi

Plus qu’un voyage,
une expérience à part entière

« C’est d’ailleurs ce qui en fait un choix royal pour la découverte du cyclotourisme avec enfants »

Pour le tourisme, comme pour le reste, une fois qu’on a bien compris la théorie, il faut la mettre en pratique. J’ai donc choisi de traverser la Bretagne à vélo. Permettez-moi d’ailleurs de rétropédaler l’espace d’un instant, je ne me suis même pas présentée (mais où sont mes manières !)
Je m’appelle Anne-Gaëlle et je suis ravie de retracer mon parcours à vélo avec vous. L’idée du cyclotourisme a fait son chemin pendant un moment, avant de fleurir à table lors du réveillon de Noël. Mon frère et ma belle-sœur étaient prêts à relever le défi du voyage écologique en famille ! Bretons d’origine, pour nous le trajet était tout trouvé : ce serait le canal de Nantes à Brest.

Définir les contours d’un voyage atypique

Le tracé de notre périple part de Châteaulin, dans le Finistère, et se termine à Nort-sur-Erdre, en Loire-Atlantique. Carte en main, on a balisé le parcours avant de le découper en tronçons, histoire de savoir à quelle sauce on allait être mangés. C’était aussi le bon moyen de repérer les endroits où s’arrêter dormir ! Si l’idée de départ était de pédaler quatre jours, on a vite revu le kilométrage à la baisse, contents de s’être laissé une marge d’erreur.

On a donc parcouru les 350 kilomètres de chemin de halage (et nos petits détours) sur cinq jours, ce qui est déjà un bel exploit.

Le camping sauvage a été évoqué… Puis fermement abandonné (« non mais imagine si on tombe nez à nez avec un sanglier ! ») L’aventure en bivouac, ce sera pour un prochain voyage. Pour celui-ci on a donc opté pour le camping classique, au gré de notre chemin, trop heureux de filer sous la douche se détendre les muscles ! Parce que, oui, on a souffert. Avec des journées à pédaler jusqu’à 84 kilomètres, on a béni le Baume du Tigre glissé in extremis dans nos maigres bagages la veille du départ !

S’adapter à son environnement

Pour ces vacances en plein air, on a visé une semaine de beau temps (spoiler alert : on s’est plantés), mais sans grosses chaleurs. On a surveillé la météo fébrilement, mais on ne s’en est pas trop mal sortis si on ignore la journée pluvieuse. Un jour de pluie, mais un jour intense ! Il a tellement plu que j’ai fini avec les pieds fripés, comme si je sortais d’une (journée entière de) piscine. Sans regret, parce que même pédaler sous les averses a été incroyable.
On s’est retrouvés à rire, abrités sous les branches, avec d’autres cyclistes qui n’en revenaient pas non plus d’un tel déluge.

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De Châteaulin, dans le Finistère, à Nort-sur-Erdre, en Loire-Atlantique ©Anne-Gaëlle Fayemi

Le séjour à vélo, une belle aventure

Qui dit vélo, dit minimalisme. Deux sacoches de 20 litres, un sac à dos, une tente de trekking… Et c’était parti !

Pour ce genre de voyages atypiques, une bonne préparation est de mise. Si vous pensez que je parle de préparation physique, vous vous trompez (mais moi aussi, cela dit, en l’ayant complètement zappée !) Non, c’est au matériel que je fais référence. On avait chacun une tenue chaude, une tenue légère, de quoi se protéger de la pluie comme du soleil et un bon pull pour le soir. Comme pour chaque voyage, j’ai failli oublier les sous-vêtements et le pyjama (un classique). L’idéal est de parier sur des matières respirantes, thermorégulatrices et qui sèchent rapidement. J’en demande trop ? Les amoureux du trekking vous le confirmeront : le t-shirt en laine mérinos est un basique incontournable.

« Ce que j’ai préféré ? C’est cette symbiose avec mon environnement immédiat et l’authenticité qui en découle. La fierté de savoir que, ce voyage, je l’ai réalisé à la sueur de mon front. » 

Suivre des repères visuels

Une fois bien équipés et les sacoches remplies puis refermées, on a chacun pris le train avec nos vélos pour arriver au départ de notre aventure.

À Châteaulin, on a rencontré notre première borne kilométrique. On allait les suivre tout au long de notre périple. Dans notre cas, les bornes affichaient un kilométrage décroissant, puisqu’on partait de la pointe finistérienne, et c’était un régal de voir notre avancée se matérialiser ! Pareil pour les écluses, toutes nommées et numérotées, le long du canal. On les a régulièrement cherché du regard, ces bornes en pierre plus ou moins lisibles, pour décompter les kilomètres à faire dans la journée. Les écluses, elles, étaient inratables ! Un vrai spectacle.

Avancer à son rythme

Contrairement aux plaisanciers, les cyclistes ne parcourent pas le canal au rythme des écluses ; même si on s’est arrêtés pour le plaisir de les voir fonctionner. Ce genre de pauses étaient toujours les bienvenues et c’était l’occasion de discuter avec les éclusiers (en découvrant un nouveau métier !)


On a donc avancé à notre rythme, un peu plus soutenu le matin que le soir, sur un chemin globalement plat et sans voiture. C’est d’ailleurs ce qui en fait un choix royal pour la découverte du cyclotourisme avec enfants : ils peuvent suivre leurs parents sans souci. Bon, qu’on se le dise, certaines montées aux abords des écluses se font sentir !

 

voyage à vélo nantes brest
Voyage à vélo de Nantes à Brest ©Anne-Gaëlle Fayemi

Une approche durable du tourisme

Les itinéraires cyclables sont légion : voies vertes, pistes cyclables, circuits vélo ; si vous avez l’envie, vous trouverez votre bonheur.
Le canal de Nantes à Brest partage son sentier balisé avec la Vélodyssée, qui part de Roscoff et va jusqu’à Hendaye. Imaginez un peu, des heures et des heures d’immersion en pleine nature… Pédaler au bord de l’eau sans jamais regarder sa montre, s’arrêter quand on a faim, compter les kilomètres les yeux dans le vague. Tout ça, en réalisant à peine qu’on a oublié de recharger son portable la veille et en ignorant ce détail. Revenir à l’essentiel.

Prendre le temps de la découverte

Se déplacer autrement, c’est porter un autre regard sur son propre environnement. J’ai grandi à la pointe de la Bretagne, je l’ai parcourue en long, en large et en travers. Pourtant, en la traversant à vélo, j’en ai découvert une autre facette et des petits villages au charme fou. Je l’ai méritée, cette Bretagne-là. J’en ai pris plein les yeux (quoi, qui a dit « et plein les jambes ! » ?) J’ai savouré l’idée que, pour une fois, je ne pouvais pas aller plus vite que la musique ; j’avançais au rythme imposé par mon coup de pédale.

Savourer les rencontres

Voyager lentement, c’est prendre le temps des rencontres. Comme cette maman qui a parcouru un tronçon du canal de Nantes à Brest avec sa fille de deux ans, en totale autonomie. On les a croisées lors d’une pause ravitaillement où on n’a pu s’empêcher de s’extasier devant leur monture de fer. Ou encore ce couple adorable qui faisait le chemin dans l’autre sens et qui nous a rassurés sur notre itinéraire : « si, si, le dénivelé est plus sympa dans votre sens. »

Ce que j’ai préféré ?
C’est cette symbiose avec mon environnement immédiat et l’authenticité qui en découle. La fierté de savoir que, ce voyage, je l’ai réalisé à la sueur de mon front. Ce sont aussi les pauses pique-nique, assis dans l’herbe face aux écluses. Mon frère et ma belle-sœur sont de grands voyageurs minimalistes, ce n’était pas leur coup d’essai en termes de voyages atypiques. J’avais suivi leurs aventures de loin, puis bu leurs conseils lors de la préparation de notre aventure à trois. La tente de moins de deux kilogrammes, le matelas compact et les t-shirts en laine mérinos : des indispensables !

J’ai eu les plus belles courbatures de ma vie, la pommade n’y a rien fait, mais bon sang ce que c’était agréable. Avant ça, j’avais vécu à l’autre bout du monde, fait l’expérience du road trip à l’américaine, j’étais déjà sortie des sentiers battus. Pourtant, ce voyage au bord du canal a été autrement transformatif. Peut-être le plus authentique.
Il marque un tournant dans mes envies de voyages et a clairement créé un précédent ! Bon, ma belle-sœur boite depuis notre retour. (Non, je rigole !) (Quoi que.) Je me tâte malgré tout à évaluer les prochains parcours, à envisager le prochain départ. J’ai déjà hâte.
En attendant, je me régale du récit d’Anne-Laure qui a, de son côté, pédalé dans le Jura.

*Sources : My CO2 – Carbone 4
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