Qu’est-ce que le Slow Travel ?

Voyages, Aventures & Environnement

©Nick Abrams
Texte : Maeva Albaret

L’organisation d’un voyage est souvent jonchée d’angoisses et d’incertitudes. Choisir cet itinéraire pour ne pas manquer Tombouctou, faire un détour par cette route pour aller jeter un œil à Pétra, surtout ne pas oublier de cocher les cases des agences de voyages.

À contre-courant de la vitesse qui nous submerge au quotidien, le slow travel apporte une bulle de lenteur. Associé à la prise de conscience écologique, ce mouvement global écoresponsable appelle à l’échange, à l’exploration et à la culture, le tout sur des notes profondément locales. La tendance du slow tourisme accorde impact écologique et recherche de sens.

Alors, comment voyager lentement ? Découvrez les enjeux du slow mouvement et adoptez une autre perception de l’aventure.

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©Austin Schmid

Slow travel : définition du concept

Pour comprendre l’essor du slow travel, il faut tourner son regard vers la gastronomie et les terres italiennes. En 1980, à Piémont en Italie, naissait un mouvement en opposition au « fast-food », cette forme de restauration qui privilégie souvent la rapidité à la qualité. Au lieu de rassembler, la nourriture devenait par ce biais anonyme, sans aucune saveur puisqu’elle se répétait à la chaîne, sans considération pour ses acteurs ou ses produits.
Le mouvement « slow food », mené par Carlo Petrini, prôna alors un retour au savoir-faire local grâce à la valorisation du terroir par la cuisine, à la célébration du partage et surtout, à la défense de la rémunération des producteurs.

Cette lutte s’est aujourd’hui étendue jusqu’à sensibiliser le domaine du tourisme. Les traits caractéristiques du mouvement ont envahi l’essence du slow travel pour en devenir ses moteurs : une approche globale éthique, authentique et empathique. Cette manière de voyager puise ses racines dans l’impact qu’elle génère sur l’environnement. Son ambition est loin d’être le remplissage d’une liste infinie de pays ou d’afficher les meilleures photographies sur Instagram. Au contraire, le slow travel invite à la simplicité pour voyager avec conscience.

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© Charlie Egan

Un mouvement inscrit
dans le développement durable

Le slow travel et le développement durable sont liés par leurs objectifs. L’un comme l’autre aspire à la préservation de la planète et à la considération de la biodiversité.

Ces mouvements écologiques ont pour ambition de promouvoir la culture locale par le biais d’une économie solidaire. Le fruit du tourisme se doit de bénéficier aux habitants du territoire visité, une logique imparable qui n’est pourtant pas toujours valorisée.

Le slow travel est envisagé à bien des égards comme un petit-fils du développement durable, se distinguant par son approche comportementale. Là où le tourisme durable définit les lignes de conduite, le slow travel indique la manière pratique pour les suivre et la philosophie à adopter au passage.

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"Prenons soin de l'environnement" - Guatemala © alu-mette

Comment faire l’expérience du slow travel ?

S’ancrer dans le présent

S’ancrer dans le présent n’est pas qu’une affaire de méditation, c’est également une véritable philosophie à adopter au quotidien. Le slow travel nous incite à prêter attention à notre environnement, non pas d’un coup d’œil distrait, mais avec l’envie de l’immortaliser, de le saisir brièvement pour soi.

S’imprégner de l’odeur des épices dans un marché, ressentir la moiteur d’une nuit d’été, contempler l’océan à perte de vue. La lenteur sollicite nos sens, appelle à explorer et à prendre du recul. Les lieux visités se chargeront d’une teinte singulière, celle d’un souvenir qui n’aura pas la couleur des récits des autres, mais celle d’une véritable expérience personnelle. Mémorable et unique.

 

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Marché d'Antigua - Guatemala ©alu-mette

Adopter un nouveau rythme

Voyager lentement incite à synchroniser sa montre avec celle de la culture que l’on visite. Plutôt que suivre une routine préétablie qui vous fera courir d’un point de vue à l’autre, baladez-vous dans les ruelles, arrêtez-vous dans les commerces, profitez d’un conseil d’une rencontre éphémère.

Le slow travel invite à prendre le temps pour se laisser surprendre. Vous ne pourrez pas prévoir les situations, les aléas du quotidien, la beauté du hasard, alors autorisez-vous un espace pour décompresser.

S’immerger dans les cultures visitées

Le slow travel est synonyme d’immersion. S’interroger sur les spécificités d’un endroit, goûter le savoir-faire local, contempler les vestiges du passé ou encore écouter des chants traditionnels : autant d’occasions multiples et diverses de saisir une culture.

Voyager lentement nous offre simplement le temps d’appréhender en profondeur le patrimoine culturel d’un territoire. Bien sûr, cet aspect n’est pas réservé à ce type de voyage, il concerne l’idéal à suivre dans nos escapades : s’intéresser réellement au lieu et à ce qui le caractérise.

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Chez Hector et sa famille, avant l'ascension de l'Acatenengo - Guatemala © alu-mette

Favoriser les échanges :
hébergement et gastronomie

Le slow tourisme valorise l’expérience locale au détriment de l’anonymat d’une chambre d’hôtel ou d’une chaîne de restauration. L’immersion passe par la rencontre du quotidien, la nourriture et le logement en tête de liste.

Déguster les plats typiques d’un lieu ouvrira votre palais à des horizons inconnus, en plus de favoriser directement l’économie locale. Ne serait-ce pas dommage de manger un hamburger au pays du goulasch ? Ou ne pas tester par vous-même la sauce chimichurri qui accompagne des empanadas ? Cherchez l’authenticité, celle qui vous éloignera de votre zone de confort au profit de la découverte.

De la même manière, privilégiez les hébergements chez l’habitant ou dans des établissements tenus par des locaux. Vous serez surpris des conseils qui émergeront, de la chaleur humaine qui se dégagera et des liens qui se tisseront.

 

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Cours d'anglais pour Hector et sa famille, ils aspirent à accueillir plus de gens pour les guider en haut du volcan ©alu-mette

Comment mettre en pratique le slow travel ?

S’engager dès l’organisation du trajet ​

Délaissez les emplois du temps rigides et laissez-vous porter par l’atmosphère du coin. Envisagez votre voyage comme une esquisse dont les traits s’affineront sur place. Déterminez des zones à explorer, des sites qu’il vous tient à cœur de visiter, tout en accordant de l’espace au présent et aux changements.
Favorisez l’échange avec votre environnement, plutôt qu’une liste de recommandations chinée aux quatre coins du web. Bien sûr, profiter du moment n’est pas synonyme d’absence de préparation, mais songez à planifier avec modération.

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© Gena Okami

Réfléchir à ses moyens de transport

Le slow travel est intimement lié au développement durable et s’accorde sur la nécessité de créer un impact positif. La pollution générée par les transports, l’avion en tête de liste, n’est pas à négliger lorsque l’on considère l’empreinte carbone d’un voyage. Pourquoi ne pas tenter un périple en vélo ou un itinéraire en train ?

Parfois, le choix n’est pas envisageable : le temps de vacances est compté ou le prix est prohibitif. Néanmoins, sans plonger dans l’extrême, le fait d’examiner une alternative est essentiel. Gardez cette idée à l’esprit et privilégiez les transports en commun dans vos déplacements lorsque cela vous est possible.


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Vincent et Jérémie : 2 frères qui ont pédalé du Quebec à la Patagonie en vélo.
Croisés au coin d'une ruelle de Baja et avec qui nous avons eu la chance de partager un excellent moment malgré les 45°C (à l'ombre) qui nous plombaient
©The Biking Bro's Heart



Choisir des activités solidaires

Le slow travel vous amène à considérer vos loisirs sous le prisme de la solidarité. Aucune limitation n’est posée, si ce n’est celle de penser à l’économie locale et de ne pas surconsommer.
Sylvie Brunel, géographe, parle à ce sujet de « Disneylandisation du monde » pour évoquer le parc d’attractions gigantesque qu’est devenu le monde. Choisissez de ne pas participer aux loisirs de masse, la nature vous en remerciera.

Valoriser la production locale

Tous les aspects du slow travel se rejoignent dans l’ambition de favoriser la localité. Lorsque vous souhaitez emporter un souvenir de vos aventures, cherchez du côté de l’artisanat. Mieux vaut valoriser la qualité à la quantité et, surtout, permettre à un tourisme prospère et vertueux de se créer. Attachez de l’émotion à vos achats, comme le slow mouvement vous encourage à le faire partout ailleurs.

La peur de manquer (Fear Of Missing Out) est un des maux du tourisme contre lequel le slow travel tente de lutter. S’accorder le temps est le réel enjeu de cette philosophie de voyage. Couplé avec le développement durable, le slow tourisme valorise le vivant : la préservation de l’environnement et le respect des autres. Choisissez les chemins de traverse, vous ne le regretterez pas. 

 

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Atelier tissage à San Juan la laguna - lac Atitlan - Guatemala ©alu-mette
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De la jungle à sa micro plantation de café, Eduardo nous a fait découvrir son Panama, un souvenir inoubliable
Boquete - Panama ©alu-mette
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